Ouïgours : Le douloureux supplice d'un peuple réprimé



Chers lecteurs !

Après vous avoir présenté les origines du conflit opposant les Ouïgours au reste à la Chine communiste (dans un article que vous pouvez lire sur mon blog), je vais maintenant mettre en lumière ce que subit cette minorité musulmane au sein de son propre pays. Car oui, c'est bien l'Islam qui est au coeur du sujet.

Animée par la peur de la radicalisation, la Chine parvient à l'heure actuelle à justifier les horreurs qu'elle commet envers ce peuple. Rappelons que la reconnaissance de la situation a été imposée aux autorités chinoises suite aux révélations de l'été 2018. La première puissance commerciale avait jusqu'à présent réussi à ne rien dévoiler au monde entier concernant l'oppression mise en place en interne et tente encore aujourd'hui de cacher la majorité de ses agissements.


Contexte


Rappelons le contexte, les deux derniers incidents notoires s'étant déroulés dans l'Empire sont l'attentat commis en 2014 dans une station ferroviaire de la capitale Yunnan située à 1500 kilomètres de la région Ouïgoure. Et, en 2015, un autre incident reconnu par Pékin, impliquant la mort de 28 « terroristes » ouïgours, qui eux-mêmes auraient tué 16 Hans (population majeure de Chine).

Suite à ces deux attentats, les autorités chinoises n'ont plus contenu leurs sentiments de haine profonds et présent depuis de longues décennies envers les Ouïgours. Elles considèrent ce peuple comme perturbateur et dangereux, pouvant remettre en cause la stabilité communiste instaurée depuis 1949 et ayant une culture proche de celle des pays du Moyen-Orient, avec un risque d'alliance djihadiste.

Camps de « rééducation »


Dès 2014, la Chine a alors créé des « camps de rééducation ». Il s'agit de centres où sont enfermés des Ouïgours jugés radicaux, avec comme référence une cinquantaine de critères comportementaux.

Ces camps ont pour objectif, selon les autorités chinoises d'empêcher la radicalisation de la population et d'éviter les dérives terroristes. Cela implique une surveillance permanente de la minorité musulmane. Mais la réalité est bien plus alarmante que celle dépeinte par la Chine. Et malgré tous les efforts mis en place par le pays pour cacher aux yeux du monde la réalité, nous pouvons affirmer aujourd'hui que ce qu'il se passe dans ces camps de rééducation peut en fait s'apparenter au traitement des juifs par l'Allemagne dans les camps de concentration durant la seconde guerre mondiale.

En effet, des informations secrètes ont fuité, dévoilant au grand jour l'horreur subite par le peuple Ouïgour. D'après une estimation de l'ONU de 2018, un million de personnes seraient détenus dans ces camps d'internement secrets.

Il existe même des endroits destinés à accueillir des enfants ouïgours pour les « remettre dans le droit chemin » dès le plus jeune âge. Ces camps pour mineurs sont destinés à inculquer les valeurs du pays, apprendre le mandarin aux enfants tout en leur interdisant de communiquer dans leur langue natale. Mais il semblerait que ces derniers soient également obligés de chanter à la gloire de Xi Jinping et d'occulter intégralement leur propre culture. Ils sont alors déboussolés, car arrachés à leur famille, avec la majeure partie du temps un parent voire les deux enfermés également.

Témoignages


Depuis les révélations de 2018, quelques témoignages, qui restent très rares, ont fait surface.

Certains anciens détenus de camps ou proches de détenus se sont exprimés malgré la peur des représailles. Ces paroles poignantes ne font que confirmer l'horreur que vivent les Ouïgours de manière générale depuis le début de la répression, mais plus précisément en ce qui concerne les actes inhumains que doivent endurer les prisonniers. Les témoignages qui rapportent ce qu'il se passe dans ces camps de rééducation sont ceux de personnes s'étant exilées de Chine.

Par exemple, Qelbinur Sidik Beg, est une professeure qui a été enfermée dans l'un de ces camps.

Dès ses premières minutes à l'intérieur, elle remarque avec terreur les conditions indécentes dans lesquelles vivent les prisonniers, ainsi que les différents actes de tortures et de viols dont ils sont victimes. Concernant les cellules, elle déclare : «J'ai vu dix cellules, chacune contenait dix personnes (...) Elles étaient plongées dans le noir, leurs fenêtres condamnées avec des plaques métalliques. Il n'y avait pas de lits, juste des couvertures particulières. En tout, ils étaient 97 prisonniers.»Au fur et à mesure du temps, les cellules se retrouvent submergées par le nombre de prisonniers. Il lui arrivait souvent d'entendre des cris provenant de la salle de torture, située dans une cave. Une policière lui explique alors les «quatre sortes de torture à l'électricité : la chaise, le gant, le casque et le viol anal avec un bâton». D'autres témoins parlent de stérilisation des Ouïgours, d'expériences scientifiques, de travaux forcés et de disparition de nombreux corps... De quoi faire froid dans le dos.

Traquage


Evidemment toutes les politiques de répression ne s'appliquent pas uniquement en interne, en effet, la Chine exerce une pression terrible sur les Ouïgours exilés dans le monde entier.

Pour les traquer, elle demande aux membres de leurs familles restés en Chine de leur confier toutes les informations en leur possession concernant l’exilé (Pays, ville et adresse de résidence, activités..).

A cela s'ajoute de nombreux appels téléphoniques masqués provenant de leur pays d'origine ainsi que des messages suspects demandant aux destinataires de se rendre à l'ambassade chinoise pour récupérer des « colis ». L'objectif étant de créer un fort sentiment d'inquiétude chez ces Ouïgours et dans le meilleur des cas de les rapatrier en Chine pour garder toujours plus de contrôle sur cette communauté.

Actions menées

Après la révélation très tardive de la situation en 2018, la majeure partie du reste du monde a mis du temps à s'insurger, à dénoncer les agissements de la Chine mais surtout à réagir.

Cependant, quelques informations sont importantes concernant la lutte Ouïgoure.

Le 8 juillet 2019, vingt-deux Etats dénoncent la détention de Ouïgours par les autorités chinoises dans des camps ainsi que la surveillance à laquelle ils sont soumis en permanence.

Durant la 44ème session du Conseil des Droits de l'ONU en 2020, 46 pays soutiennent officiellement la Chine dans sa lutte anti-terroriste dont 17 pays ayant l'islam comme religion principale.

A contrario, vingt-sept pays dont la France font un communiqué pour signaler et dénoncer la situation des Ouïgours dans le région de Xinjiang.

La loi ouïghoure concernant les droits de l'homme (le Ouïghour Act) a eu un succès unanime au Congrès américain en 2020.

Fin juillet de la même année, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian propose d'envoyer en mission sur place des indépendants pour observer, appuyés par la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, pour enquêter.

Le président Emmanuel Macron a quant à lui déclaré que la répression contre la minorité musulmane en Chine est «inacceptable» et que la France la condamne «avec la plus grande fermeté».

Anaïs A

Sources: Thepochtimes

Liberation

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