Ouïgours : L'origine de ce qui deviendra un génocide















Les Ouigours sont une communauté mineure de la région Xinjiang située au Nord Est de la Chine. Cette communauté est de confession musulmane, principal point de divergence avec le reste du pays, ce qui en fait aujourd'hui les ennemis de l'Empire du milieu.

Les Ouïgours ont pour langue le turc et leur culture est principalement issue d'Asie centrale.

Il s'agit d'un peuple nomade qui toutefois possédait un royaume autrefois, l'actuelle Mongolie.

Leur histoire s'étend sur plusieurs millénaires.

Cependant, on peut affirmer que les Ouïgours ne représentent plus un peuple libre depuis 1949 ayant pour obligation de se soumettre aux dictats de la Chine, à partir de la Révolution communiste.

Celle-ci a alors mis en péril toute une culture.

Dès lors, cette ethnie minoritaire a ressenti un certain mépris émanant des autorités chinoises.

Environ dix millions de Ouïgours vivent alors dans la région de Xinjiang, principalement dans la zone Sud et entretiennent des relations conflictuelles avec les neuf millions de Hans, communauté majoritaire chinoise, qui résident dans la zone Nord.

De réelles tensions ont surgi à partir de 2009.

2009 : début du calvaire pour les Ouïgours

2009 marque un tournant dans la vie de ce conflit ethnique, à cette date là, des émeutes dévastatrices ont lieu dans la capitale régionale Urumpi opposant encore une fois les Ouïgours aux Hans.

En juillet 2009, le bilan humain est très lourd avec un total de 197 morts dont la plupart sont des Hans.

A cela s'ajoute un nombre important de blessés et d'arrestations (environ 2000).

L'origine de ces affrontements est la réponse à un double assassinat de Ouïgours par les Hans en juin la même année.

A partir de 2009, les relations entre les deux ethnies sont extrêmement tendues.

Les Ouïgours ont le sentiment d'être laissés pour compte, de ne pas avoir accès aux mêmes droits que leurs co-citoyens et sont surtout privés de libertés à la fois culturelles et spirituelles.

Leurs analogues ont quant à eux développer des sentiments de peur mais surtout de haine envers les Ouïgours, fortement influencés par le gouvernement qui n'accepte qu'une seule et unique manière de penser.

Cette réalité s'est traduite par un renforcement immédiat de la politique de sécurité dans la région Xinjiang où à ce moment précis, vingt-trois millions de personnes vivent.

Une politique particulièrement répressive est mise en place concernant les douze millions de Ouïgours.

En effet, les Affaires Etrangères chinoises déclarent le recrutement de 90 000 policiers et une augmentation de 356% relative au budget de la sécurité publique entre 2009 et 2016.

2009 est donc une année « maudite » et n'est que le préambule de ce que va subir le peuple Ouïgour par la suite. Le conflit ethnique inégal devient un combat entre David et Goliath, la Chine souhaitant dominer la communauté minoritaire par tous les moyens.

C'est le commencement de la descente aux enfers pour les Ouïgours.

2014 : Attentat à la gare de Kunming

Le 1er Mars 2014, aux alentours de 21h 20, la gare de Kunming dans la capitale Yunnan située au Sud-Ouest de la Chine est prise d'assaut par un groupe d'individus armés de couteaux qui s'en prend directement aux passagers. C'est alors le chaos, on recense vingt-neuf personnes mortes lors de l'attaque et environ 130 blessés.

Durant l'assaut, la police chinoise parvient à tuer quatre des membres du commando et arrête une femme. Les autres prennent la fuite. Ils ont profité de l'absence de contrôles de sécurité dans le hall (point de vente des billets) pour s'infiltrer avec leurs armements.

De nombreux individus sont heurtés sur l'esplanade du centre ville, ne comprenant pas ce qu'il se passe, ils voient surgir les assaillants pour la majorité masquées et armées de couteaux ou de sabres, n'ayant aucune pitié à exécuter d'un seul coup les victimes; d'après les dires des témoins.

La panique s'empare alors des habitants de Yunnan, beaucoup cherchent à se réfugier dans des magasins poursuivis par ces mercenaires. De nombreuses photos de la scène sont publiées immédiatement par les médias chinois.

La Chine a sans hésitation aucune accusé des « terroristes » et des « séparatistes » issus de la région de Xinjiang, terre des Ouïgours, qui se situe à une distance de 1500 kilomètres du lieu de l'attentat.

D'après les autorités chinoises, cet attentat ne serait pas un événement isolé, en effet, depuis l'année 2009, les Ouïgours et autres minorités de la région de Xinjiang, qui vivent sous oppression chinoise auraient multipliés ce genre d'attaques notamment à l'arme blanche.

La Chine a dès lors considéré le peuple Ouïgour comme étant un peuple terroriste, dont il fallait absolument contrôler les agissements.

2014 représente l'année des prémices de ce qu'on peut qualifier de génocide.

Anais A

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