Hôpitaux : Comment vivent-ils la crise du Covid ?

Chers lecteurs !

Après avoir abordé la situation des restaurants et autres lieux de fêtes et les conséquences dues au Covid sur ce monde, aujourd'hui je m'intéresse à un milieu des plus concernés par la crise, à savoir les hôpitaux.

Car ce sont bien eux qui sont pris dans la tempête du coronavirus et cela depuis son arrivée.

En France, il y a plus de trois mille établissements de santé, privés ou publics, c'est autant de lieux de confrontation directe avec le nouveau virus.

Je vais revenir sur les origines du Covid.

Cette maladie est survenue pour la première fois en France en décembre 2019, date à laquelle nous ne savions pas encore de quoi il s'agissait.

Le virus proviendrait d'un laboratoire situé en Chine (Wuhan) et se serait propagé de manière très rapide, touchant l'immense majorité des pays du monde.

Le caractère inconnu de celui-ci a pris de cours toutes les nations, ne sachant pas vraiment quelles mesures prendre pour lutter au mieux contre, se retrouvant parfois dépourvues et démunies. Les hôpitaux ont alors fait face à une forte arrivée de malades qui varie en fonction des régions et ont souvent été dépassés par les événements. Ils ont manqué de matériels au départ (masques, tenues spécifiques, lits..) retardant ainsi une gestion adaptée de l'épidémie.

De plus, la communication envers les citoyens n'a pas toujours été véritablement limpide, laissant les populations dans le flou vis à vis de ce qu'il se passait réellement dans les établissements de santé. Nous avons entendu énormément de témoignages de médecins qui se contredisaient et laissaient un nombre trop important d'hypothèses. Et nous n'avons pas vraiment eu de retour de la part d'autres personnels hospitaliers, à savoir les infirmier-es et aide-soignant-es par exemple pour rendre compte de la façon dont il vivaient cette crise.

Des chiffres assez impressionnants ont été divulgués dans les médias dès Mars 2020, justifiant des décisions telles que le confinement impliquant la fermeture de tous les lieux publics non nécessaires et surtout l'interdiction de sortir de chez soi sans attestation et raison valable.

Toutes ces mesures ont été prises dans le but de contrôler, maîtriser et appréhender l'épidémie de manière à pouvoir soigner toute personne atteinte par ce virus en parallèle des autres malades.

Malgré cela, la France a très vite fait face à un manque de lits en réanimation et s'est retrouvée dépassée dans certaines régions, plus touchées que d'autres.

Aujourd'hui, un an après, la situation est la suivante : les Français supportent un couvre-feu instauré à 18h et tous les lieux publics sont toujours fermés.

Tous ces efforts commencent à peser fortement sur le mental de chacun et il est de plus en plus difficile d'imaginer un retour à une « vie normale ».

Alors que se passe-t-il vraiment au sein des hôpitaux ? De quelle manière le corps médical gère-t-il cette situation ? Et est-ce aussi alarmant que ce que nous dépeignent les médias et le gouvernement ?






Tout de suite une interview de Laurence, infirmière en Haute-Garonne

Anaïs : Bonjour Laurence, pouvez-vous vous présenter ?

Laurence : Je m'appelle Laurence, j'ai 51 ans, je suis infirmière depuis maintenant trente ans, j'ai travaillé en région parisienne au début de ma carrière puis en région toulousaine, j'ai découvert à peu près toutes les facettes de mon métier que ça soit en clinique ou en hôpital, en France ou a l'étranger, j'ai travaillé de jour et de nuit.

A : A quel endroit et dans quel service travaillez-vous précisément ?

L : Actuellement je suis dans un service d'ophtalmologie, depuis dix ans, et je suis donc en travail de nuit, à la fois en service d'hospitalisation mais aussi aux urgences ophtalmologiques a l’hôpital Purpan (Toulouse).

A : Avez vous déjà vécu une situation de crise similaire auparavant ?

L : En France jamais, mais j'ai une expérience d'infirmière dans l'humanitaire et donc quand je suis partie en mission en Afrique, notamment au Rwanda pour enrayer une épidémie de choléra, effectivement, j'ai été confrontée à une situation quasi semblable où le choléra avait une incidence et un impact énorme sur la population et où il fallait absolument aider à améliorer les conditions sanitaires, j'ai été envoyée pour cela. Cependant on ne peut pas vraiment comparer ces épidémies car dans les pays occidentaux, nous ne sommes pas confrontés à ce genre de catastrophes médicales, nous avons la chance de ne pas avoir à faire face à ces problématiques mais c'est aussi quelque part une faiblesse car quand cela nous arrive, nous sommes totalement démunis. Alors que d'autres pays sont plus préparés à ces phénomènes.

A : Comment avez-vous appréhendé l'arrivée du Covid et la panique que celui-ci a créé ?

L : Personnellement, j'ai été, je pense un peu comme tout le monde, surprise par la rapidité avec laquelle le Covid se développait mais aussi très stressée par les informations qu'on nous donnait toute la journée, du matin au soir, j'ai trouvé que les médias avaient joué un rôle particulièrement important et qu'ils avaient généré beaucoup d'angoisses.

En temps qu'infirmière j'ai tout de suite était confrontée de manière réelle à la situation, il se trouve qu'à Toulouse, il n'y a jamais eu d'épidémie à proprement parlé, il y a eu relativement peu de cas, nous nous sommes préparés à une arrivée massive de malades, que nous n'avons jamais eu.

Dans notre région, nous avons eu la chance de pouvoir bien nous préparer contrairement au Nord-Est ou à l'Ile-de-France.

A : Comment votre hôpital s'est-il adapté ? Est ce que des mesures exceptionnelles ont été prises ?

L : Evidemment des mesures exceptionnelles ont été prises, des services ont été fermés pour rassembler le personnel soignant d'autres services dédiés aux cas Covid. Nous avons reçu les masques, les tenues, tout le matériel nécessaire, et pendant à peu près un mois et demi, nous attendions une arrivée importante de patients (Mars-Avril 2020), mais finalement la plupart des malades étaient des personnes rapatriées d'ailleurs par manque de place. Mais outre ces mesures, à mon sens, le problème n'était pas vraiment le nombre de malades mais plus le chiffre très faible de lits en réanimation, pour accueillir les cas sérieusement atteints.

Ainsi, beaucoup d’hôpitaux ont été dépassés et ne pouvaient plus faire face à la situation. Finalement la période à laquelle nous avons eu le plus de patients cas Covid était janvier 2021, donc presque un an après l'arrivée du virus.



A : Avez-vous craint pour votre propre santé et celle de vos proches ?

L : Pas du tout, je n'ai jamais eu peur de ce virus, ma fille d'ailleurs a été positive cet été mais elle n'a eu que les symptômes d'un rhume. Aucun de ses proches n'a été contaminé alors qu'elle les a fréquentés sans gestes barrières avant de faire un test en rentrant de vacances entre amis en Espagne.

Donc au final, c'est un virus qui n'a pas de règles, dont on ne comprend pas le mécanisme, il attaque certaines personnes mais pas d'autres sans qu'on en connaisse les raisons, la contagion est importante pour une partie des malades et très superficielles chez d'autres. J'ai rencontré beaucoup de personnes âgées (+ de 80 ans), avec d'autres problèmes de santé et toutes les raisons de succomber au Covid et qui n'avaient aucun signes du virus. Finalement le taux de mortalité est très faible en tout cas en région toulousaine. Tous ces éléments font que je ne crains pas pour ma santé ni pour celle de mon entourage.

A : Où en est la situation actuellement ?

L : Actuellement, on observe une diminution globale de la contamination, du moins pour la région Occitanie. Il y a l'air d'avoir plusieurs variants du virus, dans d'autres régions. Ceci-dit avec la mise en place de la vaccination, les autorités espèrent que cette contamination va encore diminuer.

A : Voyez-vous dans le vaccin un espoir de retour à une vie normale ?

L : Je ne crois pas vraiment à ce vaccin, peut-être est-il efficace, mais ce que je sais c'est que ce virus a déjà des variants, qui vont surement continuer à se développer à travers le monde, et donc dès que nous aurons un vaccin efficace, il y aura des chances qu'il devienne obsolète face à ces nouveaux variants. Personnellement je verrais plus des solutions dans les traitements curatifs que préventifs.

Malgré tout, je pense que c'est un avancement pour la lutte contre le virus et que cela nous permettra de retrouver une partie de nos libertés.

A : Comment expliquer la réticence des Français et l'échec de la campagne de vaccination dans notre pays ?

L : La France est un pays qui ne réagit par forcément vite, c'est un pays très développé avec beaucoup de gens doués dans les domaines scientifiques, mais un manque d'organisation dans la concrétisation des recherches et des difficultés à mettre en place des mesures sérieuses. De plus, il me semble que les Français ont besoin d'être nettement convaincus de l'efficacité de ce vaccin pour que la campagne fonctionne.

Merci pour ces réponses qui nous permettent de mieux comprendre comment le corps médical a vécu et vit toujours la présence du Covid. Je note un message d'espoir pour la région Occitanie étant donné le nombre de cas relativement faible. En espérant que les mesures prises par le gouvernement aillent dans ce sens !

Anaïs A
















Sources : Gouvernement/Hôpital Purpan (images)

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